Collectif Sauvons les fruits et légumes de France
CSFL
Né en novembre 2007, le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France constitue un mouvement de citoyens.
ID: 535200321984-39
Lobbying Activity
Response to Criteria to identify endocrine disruptors for plant protection products
25 Jul 2016
Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France considère que la proposition de la Commission européenne sur les critères de perturbation endocrinienne pour l'encadrement des produits phytosanitaires n'est pas pertinente. Et ceci pour deux raisons majeures.
• La proposition (option 2) va se traduire par un retrait de molécules sur des bases scientifiques discutables car excluant la notion de puissance ainsi que les autres éléments de caractérisation des dangers et d’évaluation de l’exposition.
Pour comprendre l’erreur de cette proposition de définition uniquement centrée sur la seule notion de danger intrinsèque, transposons-la à un autre domaine. Par exemple, celui de la coutellerie. Appliqué à ce secteur, il faudrait exclure tous types de couteaux sans tenir compte de leur usage ni de leur utilisateur : de la feuille du boucher au couteau de poche Laguiole, en passant par le couteau de table, il faudrait tous les interdire au nom du danger intrinsèque. Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France suggère à la Commission de reprendre à son compte l'approche scientifique développée par l’EFSA.
• La classification envisagée par la Commission (probable/suspecté/avéré) et surtout la disposition dérogatoire ne sont pas acceptables notamment pour le secteur des fruits et légumes bénéficiant de peu de solutions réellement efficaces vis-à-vis des ravageurs. Cette approche conduira au développement de listes noires par les opérateurs en aval ainsi qu’à la complexification du processus d'homologation de substances pourtant déjà drastique et à l'accroissement des distorsions réglementaires entre les Etats membres dans l'homologation des produits phytosanitaires.
Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France qui rassemble des producteurs biologiques et conventionnels attire l'attention des décideurs européens sur les risques économiques des filières mais plus encore sur l'approvisionnement en fruits et légumes (qualité et quantité) du marché intérieur de l'Union européenne. De 1993 à 2016, le nombre de substances actives phytosanitaires autorisées en Europe est déjà passé de 1000 à 484 ! L'étude que vient de publier le Comité des organisations professionnelles agricoles (COPA) réalisée en collaboration avec le Centre Technique Interprofessionnel des Fruits et Légumes, Arvalis Institut du Végétal, l’Institut technique de la Betterave, montre les risques qui pèsent sur nos productions. Le retrait de substances, en se basant uniquement sur la notion de danger intrinsèque en excluant l’exposition aux risques et les bonnes pratiques agricoles qui permettent de se protéger, conduirait à un effondrement de la filière pommes en France. La perte de production serait de 1 080 000 tonnes/an (sur un total de 1 600 000 tonnes en moyenne). La marge brute s’affaisserait de 70% avec une perte de revenus de 868 millions €/an. C’est une remise en cause de la viabilité économique de la majorité des exploitations productrices de pommes en France.
Le Collectif Sauvons les Fruits et Légumes de France demande que cette proposition de définition des perturbateurs endocriniens tienne compte de la réalité du terrain et de l’exposition réelle aux molécules ainsi que la notion de puissance.
Read full responseMeeting with Nathalie Chaze (Cabinet of Commissioner Vytenis Andriukaitis)
2 Jun 2016 · Endocrine disruptors