Fédération des Spiruliniers de France

FSF

Soucieuse de contribuer au développement d'un réseau étoffé de producteurs sur le territoire national et de permettre au plus grand nombre de vivre de leur métier, la Fédération des Spiruliniers de France oeuvre pour : - des producteurs ayant le statut d'agriculteur; - le développement de fermes à taille humaine sur un tissu rural viable; - des fermes ou la production de spiruline ait une place prépondérante et ne soit pas un sous produit; - la vente de spiruline "aliment" directement consommable par l'homme, sans colorant ni conservateur de synthèse; - la commercialisation en circuit court ou vente directe, ou par un intermédiaire de type "magasin de proximité" - le développement de fermes non intégrées par des prestataires extérieurs, favorisant la liberté et l'autonomie des producteurs; - l'échange, la transparence, l'entraide entre producteurs; - une culture non OGM et exempte de pesticides; - un soutien aux collègues spiruliniers hors France;

Lobbying Activity

Response to Agriculture - List of products and substances authorised in organic production

20 Apr 2021

La spiruline constitue un secteur innovant et stratégique pour relever les défis de la transition alimentaire, environnementale et énergétique. Sa culture paysanne, dans des structures à taille humaine, avec des valeurs de respect de l’environnement et du consommateur, en fait une filière agricole durable. Sa richesse nutritionnelle lui permet d’être étudiée autant pour l’alimentation humaine, animale, que dans la santé, les cosmétiques, etc. Cette filière est en plein développement, et est accompagnée par des plans d’action régionaux, nationaux et européens dans le cadre de la révision du Plan Stratégique National pour le Développement de l’Aquaculture. Pourtant, ce développement est ralenti car les producteurs de spiruline rencontrent de nombreuses difficultés liées pour la plupart à la réglementation AB. L’une de ces difficultés réside dans le fait que la réglementation européenne n’autorise pour la production biologique des algues, groupe dans lequel la spiruline est incluse, que les intrants d’origine végétale et minérale. Ceux d’origine animale, pourtant bien plus riches et pouvant s’intégrer dans une économie circulaire par une valorisation de sous-produits de l’agriculture, ne sont pas autorisés. Ainsi, depuis 2017, la FSF demande à ajouter à la liste d’intrants autorisés en culture biologique de spiruline des intrants compatibles avec cette culture et qui seraient produits localement par la valorisation d’une matière organique d’origine animale largement disponible sur nos territoires par méthanisation (lisier, fumier). Nous avons consulté la liste des fertilisants, nutriments et conditionneurs du sol autorisés par le règlement (UE) 848/2018 en annexe II de l’annexe I. Nous déplorons que l’usage des intrants d’origine animale listés dans cette annexe et précisés dans le tableau ci-dessous en colonne 1 ne soient pas autorisés pour la production de spiruline, car ils pourraient être particulièrement adaptés pour apporter l’azote nécessaire à son développement. La FSF assure que ces produits, s’ils sont traités convenablement par des procédés permettant leur hygiénisation, tels que le couplage méthanisation/stripping, constituent des intrants permettant une culture biologique et écologique de spiruline de qualité, en économie circulaire, et dans le respect des valeurs éthiques des producteurs. Ces matières premières sont disponibles sur le territoire, et le savoir-faire pour les transformer en intrants “propres” tels que le sulfate d’ammonium, est documenté depuis plusieurs années. Un rapport de synthèse sur l’utilisation du sulfate d’ammonium produit à partir de matière organique d’origine animale (fumier, lisier) pour la culture écologique de spiruline, a été transmis en février 2020 pour appuyer cette demande. Par ailleurs, nous avons été informés par un courrier émis par la DG-Agri, et transmis par la région Pays de la Loire que la commission EGTOP étudiait l’éventualité d’autoriser l’utilisation de nitrate de sodium pour la production biologique de spiruline. Cet intrant pourrait effectivement constituer une source d’azote intéressante pour la spiruline. Cependant, nous vous alertons sur l’origine de cet intrant qui n’est ni éthique, ni issu d’une ressource durable. En effet, le nitrate de sodium ou nitrate du Chili provient de l’extraction de réserves minières au Chili, ce qui constitue une ressource non-renouvelable. Le nitrate du Chili est également très coûteux et aurait une empreinte écologique désastreuse du fait de son origine éloignée. Nous réaffirmons l’intérêt d’inclure les intrants azotés produits à partir de matière organique animale, d’origine locale et permettant la valorisation en économie circulaire de déchets agricoles. Leur utilisation serait bien plus écologique et en accord avec les principes de l’agriculture biologique.
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Response to Trade rules for organic production (supplementing)

3 Mar 2021

La spiruline constitue un secteur innovant et stratégique pour relever les défis de la transition alimentaire, environnementale et énergétique. Sa culture paysanne, dans des structures à taille humaine, avec des valeurs de respect de l’environnement et du consommateur, en fait une filière agricole durable et d'intérêt sociétal. Sa richesse nutritionnelle lui permet d’être étudiée autant pour l’alimentation humaine, animale, que dans la santé, les cosmétiques, etc. Cette filière est en plein développement, et est accompagnée par des plans d’action régionaux, nationaux et européens dans le cadre de la révision du Plan Stratégique National pour le Développement de l’Aquaculture. Pourtant, ce développement est ralenti car les producteurs de spiruline rencontrent de nombreuses difficultés liées pour la plupart à la règlementation AB. L’une de ces difficultés réside dans le fait que la règlementation européenne favorise la présence sur le marché intérieur de produits importés de pays tiers, à bas coût de production, et qui bénéficient du label AB par un régime d’équivalence peu contraignant. D’une part, les producteurs ne sont pas en mesure de faire face à cette concurrence en termes de prix et de certification AB sans porter atteinte à leur valeurs éthiques, morales, ou à la qualité de leur production. D’autre part, les produits importés sont peu tracés (leur origine n’est pas forcément précisée), et moins qualitatifs (des analyses ont montré des teneurs en métaux lourds et iode supérieures et une concentration en phycocyanine inférieure à la spiruline paysanne française), ce qui représente un risque pour le consommateur. Cette importation sous régime d’équivalence depuis 2017 a eu un impact très significatif puisque depuis 3 ans les producteurs paysans ont vu leur chiffre d’affaire diminuer pour la première fois en 20 ans. A titre d’exemple, les producteurs français ont vu leur part de marché diminuer de 20% entre 2017 et 2019 au profit de produits importés. De nombreux producteurs français et européens aspirent à la certification AB mais refusent de l’obtenir au détriment de leur valeurs éthiques et écologique et au détriment de leurs consommateurs. Ainsi, depuis 2017, la FSF demande d’une part à ajouter à la liste d’intrants autorisés en culture biologique de spiruline des intrants compatibles avec cette culture et qui seraient produits localement par la valorisation d’une matière organique largement disponible sur nos territoires par méthanisation (lisier, fumier). D’autre part, elle demande la fin des régimes d’équivalence pour les produits importés de pays tiers. Cette démarche est soutenue par 5 régions françaises (Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Bretagne, Normandie). Les filières spiruline et micro-algues se mobilisent pour alerter leurs gouvernement et l’Europe sur ces problématiques, par le biais d’actions de plus en plus structurées, et nous espérons parvenir à des solutions qui permettront de pérenniser nos filières dans le respect de nos productions, de nos pratiques, de nos valeurs et des consommateurs.
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Response to Towards a strong and sustainable EU Algae sector

15 Jan 2021

La Fédération des Spiruliniers de France accompagne depuis 2009 la filière spiruline paysanne française au travers de la sécurisation des pratiques de production pour atteindre une spiruline de qualité sanitaire optimale, de l’optimisation des procédés pour atteindre une spiruline de qualité nutritionnelle optimale, et de la mise en œuvre de pratiques de culture respectueuses de l’environnement. Elle cherche en particulier à aboutir à une culture biologique dans le respect de la réglementation en vigueur, qui soit écologique, durable et garantisse une qualité de la spiruline au moins équivalente à celle obtenue en culture conventionnelle. La FSF souhaite attirer l’attention de la Commission européenne sur les difficultés rencontrées par les producteurs de spiruline pour obtenir le label AB en maintenant une production écologique, durable et en conservant une qualité du produit équivalente à la production conventionnelle. Le développement de cette filière est aujourd’hui menacé par la réglementation européenne sur la production biologique (848/2018), et ce à trois titres : Tout d’abord, les seuls fertilisants autorisés sont les produits organiques d’origine végétale ou minérale. Les intrants d’origine animale sont exclus, alors qu’ils sont autorisés pour les autres filières agricoles. Cette limitation est particulièrement dommageable pour la filière qui pourrait disposer d’un approvisionnement en intrant d’origine animale bien plus conséquent que l’origine végétale. Autoriser l’origine animale permettrait de créer une filière de production d’intrants biologiques en circuit court et en quantité suffisante pour l’ensemble des professionnels, ce qui n’est pas le cas avec la matière organique végétale à l’heure actuelle. Cela serait parfaitement cohérent avec cette stratégie en bioéconomie bleue , vers une durabilité du secteur européen des algues. En outre, ces fertilisants organiques actuellement autorisés ne permettent pas de garantir la durabilité et la compétitivité du procédé de production, car ils ne sont pas adaptés aux spécificités de la spiruline par rapport aux cultures traditionnelles. La spiruline est un organisme photo-autotrophe qui produit sa matière organique par photosynthèse. Elle a besoin de nutriments sous forme minérale, et n’est pas capable de minéraliser la matière organique pour en tirer les nutriments nécessaires à son bon fonctionnement. Les intrants organiques contiennent des nutriments, mais qui ne sont pas directement biodisponibles pour la spiruline et doivent être utilisés en grande quantité pour pouvoir subvenir à ses besoins. De ce fait, les règles de production biologique actuelles conduisent à une dégradation plus rapide des milieux de culture par rapport au mode de culture conventionnel. Cette dégradation engendre une augmentation de la consommation en eau et de la quantité d’effluents rejetés. Les experts européens d’EGTOP (Expert Group for technical Advice on Organic Production), qui partagent ce constat ont proposé fin 2019 que la réglementation évolue pour tenir compte de ces spécificités. Cette évolution réglementaire semble d’ailleurs nécessaire pour que la filière puisse répondre aux ambitions de la stratégie "De la ferme à la table", en particulier en matière de transformation des méthodes de production pour diminuer l’impact climatique et environnemental et réduire et optimiser l'utilisation des intrants. Enfin, la réglementation européenne favorise la présence sur le marché intérieur, de produits importés de pays tiers à bas coûts de production et qui bénéficient du label bio grâce un régime d’équivalence peu contraignant. Les producteurs européens rencontrent des difficultés dans l’application du Règlement bio 848/2018 et ne sont pas en mesure de faire face à cette concurrence, malgré leurs actions nombreuses et de plus en plus structurées pour optimiser les intrants, gérer les effluents et produire une biomasse de haute qualité.
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