Lobbying Activity
Response to High and low Indirect Land-Use Change (ILUC) - risks biofuels, bioliquids and biomass fuels
8 Mar 2019
Monsieur le Président Juncker, Messieurs les Vice-présidents Mogherini et Timmermans, Madame et Monsieur les Commissaires Malmström et Cañete.
Nous savons depuis au moins 10 ans que la culture du palmier à huile entraine la destruction des forêts tropicales et de la biodiversité qu’elles abritent.
Après de longues années de débat et de discussions, vous êtes sur le point de finaliser un texte qui doit permettre d’agir pour arrêter cette catastrophe.
Vous avez la possibilité de mettre un terme à l’expansion des cultures de palmiers à huile, mais aussi de soja pour alimenter en carburant les réservoirs des voitures et des camions. En reconnaissant que cette politique était une impasse, vous pouvez également éviter que les industries de l’aviation et du transport de marchandises ne reproduisent à leur tour cette erreur.
Malheureusement, votre proposition n’est pas à la hauteur de l’enjeu. Je suis particulièrement préoccupée par les insuffisances suivantes du projet de règlement :
(1)D’importantes quantités d’huile de palme pourraient continuer à pénétrer sur le marché européen des biocarburants via des exemptions sur les petites exploitations. Or rien ne permet d’assurer qu’une petite exploitation est plus vertueuse qu’une exploitation de grande taille en termes de protection de l’environnent, et les multinationales pourront facilement contourner le règlement en segmentant leur production en petites propriétés soi-disant indépendantes.
(2) La Commission offre également des exemptions pour les cultures d’huile de palme qui s’accroitraient sur des terres « inutilisées, dégradées ou abandonnées ». Or certaines de ces terres ont un rôle très important à jouer pour préserver les écosystèmes locaux.
(3)La Commission s’appuie sur la certification pour attester que certaines cultures présentent un faible risque de changement d’affectation des sols (ILUC). Or les organismes de certification sont souvent biaisés et peu transparents. Ils ne représentent pas un gage de crédibilité suffisant.
(4)La Commission retient un facteur de 10% d’accroissement de la production sur des terres utiles pour classifier une production comme à risque. Cependant, ce pourcentage conduit à ne pas s’attaquer à la question du soja dont la culture provoque pourtant des dégradations environnementales d’une ampleur gigantesque, en Amérique latine notamment. Le seuil retenu devrait être fixé à un niveau inférieur à 10%.
Il ne doit y avoir aucune dérogation permettant de soutenir l’utilisation de certaines productions d’huile de palme dans les agrocarburants. Le problème est simple : l’Europe a l’un des plus hauts niveaux de consommation d’huile de palme par habitant au monde, à cause essentiellement de son usage comme agrocarburant. Si tous les habitants de la planète avaient le même niveau de consommation d’huile de palme, la pression foncière serait telle qu’il ne resterait vraisemblablement plus de forêts tropicales debout. Nous devons donc réduire cette demande plutôt que de mettre en place des dérogations.
Nous vous demandons d’écouter les citoyens qui se préoccupent de la Nature et du futur de leurs enfants et de notre planète.
Nous savons que vous devez faire face à des pressions diplomatiques, à de nombreux intérêts cachés et à de puissants lobbys, mais nous serons à vos côtés si vous faites le choix de l’intérêt général.
À l’approche d’élections européennes importantes, vous ne pouvez pas ignorer la voix des citoyens et de leurs représentants. Si l’acte délégué final n’est pas à la hauteur de l’enjeu, notre seule alternative sera de demander au Parlement européen de mettre un véto.
Cordialement,
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