Union nationale des syndicats autonomes

UNSA

L’UNSA a notamment pour objet : - de renforcer la défense des droits ainsi que des intérêts matériels et moraux tant collectifs qu’individuels de ses adhérents, par la mise en commun des moyens de réflexion, de proposition, de communication, d’études et d’assistance juridique ; - de coordonner et d’organiser les actions de caractère général avec les organisations syndicales affiliées, par les moyens les plus appropriés ; - de développer en France, en Europe et dans le monde un mouvement réformiste de transformation sociale, fort et uni ; - de participer à la construction de l’Europe sociale

Lobbying Activity

Response to Gender Equality Strategy 2026-2030

24 Jul 2025

LUNSA salue linitiative dune nouvelle stratégie européenne pour légalité entre les femmes et les hommes post-2025. Toutefois, elle alerte sur les limites dune approche non contraignante. Légalité de genre nest ni facultative ni négociable : elle constitue un fondement des traités de lUnion européenne et doit simposer pleinement aux États membres. La future stratégie devra sappuyer sur des mesures législatives concrètes, des objectifs chiffrés, un calendrier clair, et des financements dédiés, notamment dans le cadre du prochain budget européen. Elle devra sinscrire pleinement dans le Socle européen des droits sociaux, soutenir les syndicats, renforcer le dialogue social et faire de la négociation collective un levier central pour faire progresser les droits des femmes au travail. LUNSA, aux côtés de la Confédération européenne des syndicats, demande une stratégie qui lutte efficacement contre les violences sexistes, en intégrant toutes leurs formes harcèlement, violences de tiers, cyberviolence, violences économiques et domestiques dans les politiques de santé et sécurité au travail. Cela passe par une directive spécifique est nécessaire pour combler les lacunes des dispositifs actuels, et par la mise en œuvre de la Convention OIT n°190 doit être une priorité absolue. Sur le plan économique, il est urgent de mettre fin aux inégalités salariales. Le principe de salaire égal pour travail de valeur égale doit enfin être respecté. Cela suppose une transposition ambitieuse de la directive sur la transparence des rémunérations, des sanctions en cas de manquement, la revalorisation des métiers féminisés, et une refonte des classifications professionnelles pour mieux reconnaître la réalité du travail des femmes. La stratégie devra également investir massivement dans les services publics de soin (enfants, personnes âgées, dépendantes), formaliser et protéger le travail domestique, encore largement invisible. Il est indispensable de garantir des emplois de qualité, stables et correctement rémunérés dans ces secteurs essentiels. La précarité, le temps partiel subi et les contrats courts touchent majoritairement les femmes. Pour y mettre fin, des politiques ciblées doivent viser les mères isolées, les femmes migrantes, en situation de handicap ou vivant en zone rurale. Une reconnaissance du statut d'aidant.e doit permettre d'inclure les temps d'aidance dans les parcours professionnels. La formation continue, laccès à la promotion, la lutte contre la ségrégation professionnelle, doivent devenir des priorités concrètes. Le rôle des syndicats est central dans cette dynamique. Les risques liés à lintelligence artificielle et aux violences numériques doivent être régulés de manière stricte. Une directive sur lIA au travail est indispensable pour prévenir les biais sexistes, la surveillance abusive et le renforcement des inégalités. Laccès aux droits sexuels et reproductifs (avortement, contraception, soins) doit être reconnu comme un droit fondamental dans lUE. De même, les politiques de conciliation des temps de vie doivent être renforcées : congés parentaux mieux rémunérés, droit à la déconnexion, télétravail encadré, lutte contre les discriminations liées à la parentalité. Les pathologies comme l'endométriose et les troubles menstruels doivent faire l'objet d'une prise en compte systémique. Enfin, légalité doit être intégrée dans toutes les politiques européennes : Semestre européen, budgets, emploi, formation, santé, IA, transition verte. Des indicateurs genrés doivent permettre de suivre les progrès et de corriger les inégalités. Il est temps de protéger les acquis, dinvestir massivement dans légalité, et de répondre fermement aux attaques réactionnaires. Légalité femmes-hommes ne peut être une option. Elle est une exigence démocratique.
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