Fédération Addiction

La Fédération Addiction est le premier réseau représentatif du champ des drogues et des addictions en France.

Lobbying Activity

Response to EU Drugs Strategy and European Action Plan Against Drug Trafficking

25 Sept 2025

La Fédération Addiction est le principal réseau français dassociations et de professionnel·le·s de laddictologie. Elle regroupe des services de santé, des équipes de prévention, de réduction des risques, daccompagnement et de soins. Forte de cette expertise, elle défend des politiques publiques adaptées aux réalités sociales et sanitaires. **Faire de la politique des drogues une politique de santé** La stratégie précédente se voulait équilibrée entre réduction de loffre, réduction de la demande et réduction des risques. Dans les faits, la priorité a été donnée à la répression et à la lutte contre loffre. Si la lutte contre la criminalité organisée doit rester un objectif public, la politique des drogues doit être aussi et surtout une politique de santé qui aborde les drogues et les addictions dans toutes leurs réalités. La prochaine stratégie doit laffirmer clairement et mettre en avant : la prévention, la réduction des risques et le soin comme piliers indissociables ; le continuum nécessaire entre ces trois volets pour assurer cohérence et efficacité ; une approche globale qui protège la santé publique et respecte la dignité des personnes. Pour être crédible et efficace, cette stratégie doit impérativement se traduire dans un plan dactions concret, doté dobjectifs clairs, dindicateurs mesurables et dun calendrier de mise en œuvre. **Garantir les financements adéquats pour les services daddictologie** Aucune politique nest efficace sans financements à la hauteur des besoins. Or, la prévention, la RdR et les soins souffrent trop souvent de budgets insuffisants ou instables. Pour garantir lefficacité et la pérennité des dispositifs, il est nécessaire de : sécuriser des financements pérennes et conséquents pour la prévention, afin de déployer des programmes accessibles à tous les publics ; assurer un financement suffisant de la réduction des risques : la crise des opioïdes en Amérique du Nord montre quil faut déployer ces services avant quune crise ne sinstalle, pour éviter des morts ; garantir laccès aux services pour toutes et tous, y compris les personnes en situation de précarité, les personnes privées de liberté, les femmes, les personnes LGBTI et les migrant·e·s avec ou sans papiers ; développer des indicateurs européens permettant dévaluer la couverture des besoins et légalité daccès aux services dans chaque État membre. **Renforcer la place des usager·ère·s** Les personnes concernées doivent être reconnues comme actrices de leur parcours et participer à lélaboration des politiques publiques. La stratégie doit : soutenir les associations dusager·ère·s et dautosupport ; garantir leur présence dans les instances de gouvernance et dévaluation ; financer leurs activités pour renforcer leur rôle de soutien et de plaidoyer ; intégrer des indicateurs européens mesurant la participation effective des usager·ère·s et limpact de leur contribution. **Pour des politiques efficaces : limportance de la société civile** La société civile joue un rôle central pour innover, alerter et rendre les politiques efficaces. Pourtant, ses activités de plaidoyer sont de moins en moins financées alors quelles sont essentielles pour éclairer les autorités publiques et améliorer la pertinence des décisions. Dans certains États membres, des mouvements antidémocratiques sattaquent directement aux services daddictologie, en particulier de réduction des risques, ainsi quaux professionnel·le·s et aux usager·ère·s. La stratégie européenne doit : garantir un financement stable et transparent des organisations de la société civile, y compris pour leurs activités de plaidoyer ; proposer des cadres de participation structurés aux États membres, afin que les acteurs de terrain soient consultés régulièrement ; appeler à protéger les associations et les usager·ère·s contre les attaques, la stigmatisation et les violences ; affirmer les valeurs de lUnion européenne (droit à la santé, droits humains et démocratie).
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Response to EU Civil Society Strategy

2 Sept 2025

La Fédération Addiction est le premier réseau daddictologie en France. Elle rassemble acteurs du soin, de la prévention et de laccompagnement, défend leurs intérêts et lutte contre la stigmatisation des personnes concernées. Elle met son expertise au service de politiques adaptées aux réalités sociales et sanitaires complexes des addictions, en France comme au niveau européen via sa participation au Civil Society Forum on Drugs (CSFD). La Fédération salue linitiative de la Commission européenne alors que lespace civique se restreint dans de nombreux États, y compris en France. Les organisations de la société civile (OSC) actives sur des sujets « sensibles » (addictions, drogues, prostitution, migrations) sont particulièrement visées. Or, limiter leur rôle dans lélaboration des politiques publiques ne conduit pas à plus defficacité : cest produire des politiques incomplètes, mal appliquées et moins légitimes. 1. Un dialogue insuffisant fragilise à la fois les droits fondamentaux et les politiques publiques En France, les OSC travaillant sur les drogues sont régulièrement stigmatisées : accusées de « favoriser la consommation » alors quelles mènent des missions de santé publique, elles voient leur expertise discréditée et les personnes accompagnées assimilées à des délinquants. Dans ce climat, leurs droits comme leur accès aux soins se trouvent limités. Le manque de dispositif institutionnalisé de concertation renforce ce cercle vicieux. Ainsi, la stratégie interministérielle française de mobilisation contre les conduites addictives (2023) a été élaborée sans consultation des OSC. Ces pratiques, loin de faire gagner du temps, produisent des politiques moins adaptées et plus difficiles à mettre en œuvre. Nous recommandons donc dinstaurer des standards européens garantissant la participation effective des OSC dans chaque État membre et au niveau européen : accès anticipé et transparent aux documents, délais raisonnables, obligation de réponse des pouvoirs publics, reconnaissance institutionnelle de leur expertise. Au niveau européen, le CSFD constitue un modèle de dialogue formalisé entre autorités et société civile à consolider, à étendre et à financer. 2. « Labsence de financement durable, flexible et transparent » restreint limpact des OSC Cette participation démocratique ne peut se concrétiser sans ressources adaptées. En France comme ailleurs, les coupes budgétaires fragilisent directement les associations. Les structures peinent à assurer leurs missions lorsque les fonds sont insuffisants, ponctuels et instables. Les activités liées à la représentation et à la participation (animation de réseaux, mobilisation des personnes concernées, élaboration de positions, suivi des politiques) ne sont souvent pas financées. Dans un tel contexte, il est impossible de consacrer du temps et des moyens à ces missions. La reconnaissance de la valeur ajoutée des OSC dans lélaboration des politiques publiques tant en termes de légitimité, de pertinence et defficacité de ces dernières doit se traduire par un financement stable, accessible et explicitement destiné à renforcer leur capacité daction. Conclusion Lexpérience de la Fédération Addiction illustre une réalité partagée par de nombreuses OSC œuvrant sur des sujets jugés « sensibles ». La stigmatisation fragilise leur légitimité, labsence de financements limite leur action et le manque de dialogue institutionnel impacte la bonne élaboration des politiques publiques. Ces trois problèmes se renforcent mutuellement : délégitimer les OSC justifie la réduction de leurs moyens, qui réduit leur capacité à participer au débat public et accentue lexclusion des personnes quelles accompagnent. Nous recommandons que la stratégie européenne établisse des standards communs de participation et garantisse des fonds pérennes et dédiés des mesures indispensables pour consolider lespace civique et renforcer une démocratie participative, juste et inclusive.
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Response to Evaluation of the Council Framework Decision on criminal acts and applicable penalties for drug trafficking

14 Jan 2025

La Fédération Addiction est le premier réseau français dassociations et de professionnels de laddictologie en France. Elle apporte sa contribution à lévaluation des politiques européennes sur les drogues en soulignant les limites de lapproche répressive actuelle. L'avis détaillé est disponible dans le document ci-joint. En France, les efforts policiers se concentrent principalement sur la répression des consommateurs, représentant 80 % des opérations des forces de l'ordre concernant les stupéfiants, au détriment de la lutte contre les réseaux criminels organisés. Cette stratégie savère non seulement inefficace pour réduire la demande de drogues la consommation de cannabis et de cocaïne restant en France parmi les plus élevées en Europe mais elle aggrave aussi les tensions sociales en stigmatisant les usagers et en entravant leur accès aux soins. Les opérations médiatiques telles que « Place nette XXL » illustrent ces écueils, déplaçant les problèmes sans en traiter les causes profondes. Face à cette situation, la Fédération Addiction plaide pour un changement de paradigme en intégrant des approches sanitaires et sociales. La régulation des marchés, déjà mise en œuvre dans plusieurs pays pour le cannabis, montre des résultats encourageants, notamment une diminution du marché noir et un meilleur contrôle des produits. Elle permet également de générer des ressources fiscales qui pourraient être réinvesties dans la prévention et le soin. Par ailleurs, lanalyse des déterminants socio-économiques du trafic met en évidence la nécessité daccompagner la réponse pénale par des politiques sociales ambitieuses pour sattaquer aux inégalités et au chômage, principaux facteurs dentrée dans ces réseaux. Dans ce contexte, la Fédération Addiction recommande détablir une distinction claire entre les infractions liées à la consommation personnelle et celles relevant du crime organisé, de garantir laccès à des dispositifs de réduction des risques, de financer de manière pérenne la prévention et de permettre des expérimentations de régulation contrôlée des marchés. Une telle approche, équilibrée et respectueuse des droits humains, permettrait non seulement de réduire les dommages liés aux drogues, mais aussi de recentrer les efforts répressifs sur les acteurs criminels majeurs, tout en offrant une réponse plus adaptée aux enjeux de santé publique et de justice sociale.
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